
Marina Boucher (ADEME) : « Pour répondre aux objectifs du Grenelle Environnement, le plan de 50 mesures pour le développement des énergies renouvelables à qualité environnementale (novembre 2008) prévoit notamment la mise en place du fonds chaleur renouvelable pour développer la biomasse, la géothermie, le solaire thermique, le biogaz, les énergies de récupération etc. dans l’ensemble des secteurs d’activités : habitat, collectif, tertiaire, industrie, agriculture. La gestion de ce fonds chaleur renouvelable a été confiée à l’ADEME.
Pour tenir compte de la diversité des situations, le fonds chaleur est géré selon deux dispositifs : un appel à projets national (l’appel à projets BCIAT) mis en place pour susciter le développement de projets de production de chaleur de plus de 1 000 tep/an (tonne équivalent pétrole) à partir de biomasse dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et du tertiaire privé ; en parallèle à cet appel à projets, il y a le dispositif d’aide régional qui concerne tous les projets qui ne rentrent pas dans le cadre du BCIAT.»
François-Xavier Dugripon (Cofely) : « Nous accompagnons nos clients dans les réponses à appels d’offres BCIAT et portons les projets. Sur les 6 projets BCIA déposés par Cofely en 2009, deux ont déjà été mis en service en 2010 (Michelin à Cholet et à Bourges- voir en dernière page). ». Dans le cadre du dernier appel à projets « Biomasse Chaleur Industrie Agriculture et Tertiaire », Cofely vient de remporter dix projets pour la construction et l’exploitation de chaufferies bois, d’une puissance totale de 100 MW.
« La forêt française couvre 17 millions d’hectares et est en pleine croissance (1% par an, soit 100 millions de m3 d’accroissement annuel). Il faut savoir que cette forêt reste sous-exploitée puisqu’ aujourd’hui, on n’exploite qu’un peu plus de la moitié de cet accroissement. Grâce à cette capitalisation forestière, le renouvellement est garanti. De plus, la certification PEFC qui permet de garantir la gestion durable de la forêt touche aujourd’hui 38% de la surface forestière française.
Au-delà de ce potentiel forestier, la France dispose d’une expérience et des compétences techniques dans le domaine de la biomasse énergie. L’ADEME mène depuis 1994 un programme pour le développement de cette filière. De 2000 à 2006, cela a permis de développer plus massivement la biomasse énergie en France, avec 1 500 installations nouvelles représentant 320 000 tep en 7 ans. En outre, la France dispose de constructeurs d’installations qui ont de solides références et qui, aujourd’hui, sont beaucoup sollicités. »
« Même si la France a un fort potentiel, (+ 4 millions de tep/an de plaquettes forestières mobilisables selon les conditions techniques et économiques actuelles) la biomasse est plus ou moins facile à mobiliser selon les caractéristiques des régions, la proportion de forêts privées, morcelées, les problèmes d’accès ou encore la question du retour au sol des rémanents. »
« Ce que je retiens aussi aujourd’hui, c’est que les volumes de biomasse réellement mobilisés restent très modestes au regard de la capacité d’exploitation de la forêt. En complément, Cofely investit fortement pour structurer la filière, mettre en place des plateformes, améliorer les réseaux de collecte… de façon très partenariale, notamment à travers des accords passés avec l’ONF et CAFSA. »
« Au niveau de l’ADEME, notre mission principale est d’animer, gérer et coordonner le programme biomasse énergie en mettant en avant les 4 axes suivants :
« En ce qui concerne Cofely, nous accompagnons le client afin de définir, avec lui, la solution la plus adaptée pour garantir la meilleure efficacité énergétique et environnementale : choix des sources d’énergie, conception et réalisation du projet, gestion maintenance, amélioration du rendement des équipements…
Nous dépassons aussi souvent le cadre de notre position de strict opérateur énergétique en améliorant les outils avec l’objectif de déboucher sur des méthodes de mesure innovantes. Par exemple, nous travaillons en concertation avec le ministère de l’Agriculture à la problématique de l’indice des prix pour faire émerger un indice des prix représentatif du bois énergie. Nous coopérons également avec l’ADEME sur la question du bois en fin de vie, pour imaginer, d’une part, un développement harmonieux de la filière déchets et, d’autre part, de la filière propre en chaufferie. Nous nous investissons donc au-delà du seul accompagnement du client dans son projet. »
« On s’appuie sur les objectifs ambitieux de la France, en particulier sur la biomasse énergie : + 1800 ktep à l’horizon 2020 dans le collectif et le tertiaire, + 2000 ktep dans l’industrie à l’horizon 2020.
Il faut poursuivre les efforts mis en œuvre aujourd’hui et développer des projets biomasse énergie de toutes tailles et dans l’ensemble des secteurs d’activités. Pour ce faire, l’ADEME a mis en place dans le cadre du fonds chaleur les outils adéquats pour s’adapter aux secteurs très consommateurs, et plus particulièrement :
« Nous constatons également un développement de plus en plus important des réseaux de chaleur biomasse qui sont un des principaux vecteurs de développement de la biomasse. Ils sont d’ailleurs reconnus comme tels par le Grenelle de l’Environnement qui a mis en place une fiscalité attractive (TVA à taux réduit pour les réseaux alimentés à plus de 50% par les énergies renouvelables). Cofely multiplie ces projets et exploite actuellement 102 réseaux de chaleur biomasse.
Aux côtés de grands projets comme la chaufferie bois du réseau de Bourges (16 MW) qui alimente environ 10 000 personnes depuis cet hiver, Cofely développe de nouveaux réseaux basse température et a remporté en 2009 cinq projets correspondant, en moyenne, à 2 000 équivalents logements. En règle générale, ces projets représentent 90 % d’émissions de CO2 en moins qu’avec les énergies fossiles. »
« A travers toutes les installations biomasse énergie mises en œuvre et exploitées depuis de nombreuses années, les opérateurs énergétiques ont acquis une réelle expérience et un savoir-faire sur lesquels peuvent compter les industriels ou les collectivités. De nombreux projets n’auraient jamais vu le jour s’ils n’avaient pas disposé d’un tel appui.»
« Oui, une action conjointe est indispensable, aussi bien en amont dans les projets de recherche que dans les appels à projets qui, nous l’espérons, seront pérennisés au-delà de 2011 pour maintenir la dynamique enclenchée. »
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